4 mythes qui augmentent la charge mentale des aidants !

Il y a quelques jours, je me suis réveillé en sueur froide  et j’étais incapable de me rendormir. Mes pensées ne tournaient qu’autour de mes nombreuses obligations, tant professionnelles que privées.

Le même jour, lors d’une discussion avec un collègue, il m’a dit: « combattre le sentiment d’être complètement submergé. »

Cette semaine, j’ai deux amis qui ont utilisé le mot « débordé » pour décrire ce qu’ils ressentaient. Cela concernait le travail, les enfants, s’occuper des parents…

Il y a une épidémie de surmenage partout autour de nous, c’est lié à la charge mentale et cela touche durement et tout particulièrement les aidants.

les mythes qui augmentent la charge mentale des aidants
Les mythes qui augmentent la charge mentale des aidants… comme dans un brouillard

La charge mentale des aidants

La charge mentale n’est pas un phénomène lié au monde moderne. Ce n’est pas nouveau, nous devons bien nous occuper de l’intendance de la maison : faire la vaisselle, laver le linge, passer l’aspirateur, etc.

Nous pouvons très bien repousser ces “choses à faire” pour plus tard et décider de nous détendre en regardant des séries télévisées sur Netflix. En général, ce n’est pas une très bonne idée parce qu’il y a un effet boomerang à ce comportement : premièrement, parce qu’il va bien falloir s’occuper de ces choses et, deuxièmement, parce qu’on les refera avec sentiment de culpabilité et le sentiment de porter un fardeau supplémentaire.

Bien sûr, on peut se dire: « détends-toi et laisse la vaisselle ». Mais… Est-ce que quelqu’un a déjà vu la vaisselle se faire toute seule ?

S’il est vrai que nous avons tous de longues listes de tâches à faire (les fameuses “to do” listes) et de responsabilités, nous nous accablons parfois bien plus que nécessaire. J’ai l’impression que cette situation est due en grande partie à la pression que nous nous mettons nous-même et à l’importance que nous accordons à ces tâches.

Imaginez un instant que votre liste de choses à faire est le panier que vous utilisez pour faire vos courses. Plus vous essayez de faire chaque chose parfaitement, plus chaque chose devient importante. En nous mettant nous-même cette pression à être « bons » et la tâche à réaliser (ou la responsabilité) devient encore plus lourde à assumer. Le résultat de tout cela est que chaque chose que vous placez dans votre panier pèse de plus en plus lourd et votre panier finit par être trop lourd à porter.

C’est une situation terrible et c’est exactement le risque que vous courez lorsque vous êtes un aidant et que vous vous occupez de vos parents. C’est à ce moment-là que vous commencez à connaître cet horrible sentiment : vous être débordé.

Comment faire face à la charge mentale

En fin de compte, et factuellement, il n’y a que deux façons de s’attaquer au sentiment d’être débordé :

  • une solution consiste à réduire le nombre de choses dans votre panier ;
  • l’autre solution est d’alléger le poids de chaque chose.

La première chose à faire, c’est de vous fixer des limites. Je sais : c’est tellement plus facile à dire qu’à faire, mais vous n’avez pas le choix si vous voulez sortir de ce piège. Vous devez apprendre à être clair sur vos priorités et à l’aise avec le fait de dire « non ».

Vous devez également apprendre à réduire le poids de ce que vous portez. Et ça, c’est vraiment difficile.

C’est pourtant essentiel pour les aidants car, pour la plupart d’entre vous, prendre soin de ses parents n’est pas une option négociable. Il se peut que vous soyez tout proche du point de rupture, avec beaucoup de choses lourdes dans votre panier… Votre famille, votre travail… Vous n’avez pas besoin d’en rajouter, bien au contraire… Vous devez alléger votre panier.

Dans cette situation, il peut être utile de reconnaître que nos responsabilités sont alourdies, en partie, par des histoires que nous nous racontons, des mythes auxquels nous croyons et qui ne sont tout simplement pas vrais.

Si vous parvenez à identifier le moment où l’un de ces mythes s’est installé, vous pouvez également commencer à desserrer son emprise et à alléger votre charge mentale.

Mythe numéro 1 : “je ne peux pas gérer ça”

Généralement, lorsque vous vous dites ça alors que vous venez juste de le faire (même si ça n’a pas été simple). Vous vous racontez donc une histoire… sur la façon dont vous n’êtes pas capable de gérer ce que vous venez pourtant juste de faire.

Donc, évidemment, vous l’avez géré. Et, vous serez capable de le refaire. Encore et encore.

Parce que ce mythe résonne si vrai dans mon esprit tous les jours, je travaille très dur pour dire à mes proches, en particulier lorsqu’ils sont stressés : “tu n’as pas à t’inquiéter parce que tu gères toujours tout très bien.” Et, quand l’événement qui causait le stress est enfin passé, j’essaie de souligner ce qui suit :

Ça se passe toujours bien et tu t’en sors toujours. L’astuce est de savoir utiliser ce savoir (que tout ira bien) de manière plus proactive, pour atténuer la souffrance et le stress générés par l’événement à venir.

Nous passons notre vie à gérer des événements. Tous les jours. Certains événements sont insignifiants et d’autres sont monumentaux. Mais nous n’avons pas le choix. Nous les gérons, les uns après les autres. C’est ça la vie.

Mythe numéro 2 : “je maîtrise la situation”

Tant de stress et de souffrance sont liés à notre pensée qu’il y a quelque chose que nous pouvons faire pour changer le déroulement de la vie. Votre maman souffre ou elle vit une horrible hospitalisation. Nous avons tendance à croire, de manière subconsciente, que c’est à nous de régler la situation. Cette pensée est vraiment angoissante.

Ce mythe est difficile à débusquer, parce que c’est un piège que nous nous tendons à nous-mêmes et, en son cœur, réside la pensée que nous sommes la personne responsable de tout.

Face à ce mythe, je me rapproche du stoïcisme : nous devons nous préoccuper de ce sur quoi nous avons le contrôle. Si, par exemple, nous voulons qu’une autre personne nous aime, nous ne “maîtrisons” pas la situation. Pire même, nous risquons d’être déçu et d’en souffrir parce que nous nous fixons un objectif qui est hors de notre sphère d’influence.

En tant qu’aidant, vous ne maîtrisez pas la situation. Tout du moins pas totalement. Faites simplement ce que vous savez faire et faites-le du mieux que vous pouvez.

Mythe numéro 3 : “je dois être bon dans ce domaine”

Si par hasard, vous entretenez des visions de vous-même en tant qu’enfant parfait, véritable expert sur la vieillesse de vos parents, abandonnez tout de suite cette idée.

Dans notre société, on nous inculque tôt et durement l’idée et la culture d’être bons en tout. Ou du moins essayer d’être bon en tout. C’est ancré dans notre culture, enseigné à chaque tournant, placardé sur les couvertures de magazines… Etre parfait, avoir un corps parfait, être en forme, avoir l’air jeune… Toujours aspirer pour la perfection.

Lorsque je patiente à la caisse de mon supermarché, j’évite de m’attarder sur les couvertures de magazines qui montrent soit des images de plats parfaitement cuits, des corps parfaitement sculptés, des maisons parfaitement décorées, des poses de yoga parfaites…Je pourrais continuer mais vous m’avez compris…

Il est certainement impossible de totalement se défaire de cette mentalité, mais vous devez au moins être conscient que ce n’est en fait pas vrai. Vous n’avez pas besoin d’être bon dans quoi que ce soit en particulier. Vous devez juste être vous. Et c’est déjà pas mal. Croyez-moi.

Mythe numéro 4 : “c’est important”

Si vous êtes un aidant, on touche ici à un point sensible.

Vous vous occupez de votre père ou de votre mère et vous vous dites : « bien sûr que c’est important ! Il s’agit de ma mère ! ».

C’est vrai, mais demandez-vous ce qui compte vraiment ici et ce qui ne compte pas. Parce que la vérité est qu’il y a tellement de choses qui semblent si importantes et qui n’ont en réalité pas vraiment d’importance.

Si on regarde les choses en face, la seule chose qui compte vraiment, c’est l’amour.

Et c’est à peu près le message au cœur de chaque tradition spirituelle, chaque religion (finalement).

Prenez simplement soin de vos parents avec amour en faisant de votre mieux chaque jour et je vous promets que ce sera toujours beaucoup plus que suffisant.


Lorsque vous êtes débordé, il ne s’agit pas seulement de la liste de choses à faire (quelle que soit l’importance de ces choses). Parfois, il s’agit de ce que ces choses représentent pour vous, dans votre cœur et votre esprit.

J’ai commencé à écrire des articles sur ce site internet il y a quelques mois et, bien sûr, je ressens maintenant une certaine responsabilité à publier des articles et à m’assurer qu’ils soient qualitatifs (parce que je ne pourrais accepter de publier un article que je trouverais de piètre qualité, si je me mettais à votre place). Parfois, j’ai l’impression que je ne vais pas être capable de gérer ce site. Je m’oblige à être bon dans la rédaction et je me répète parfois que c’est important… Mais en réalité, je me mets trop de pression.

Il faut savoir prendre du recul, de temps en temps. Et il faut également apprendre à relativiser.

J’espère que cet article sur les mythes qui augmentent la charge mentale des aidants vous a été utile.

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